Lettre ouverte à mon chagrin

Lettre à ma solitude
Lettre à ma colère

2             illustration du livret La Sainte Trinité des «Moi»                                                   en vente sur Amazon kindle

Lettre ouverte à mon chagrin

Toi, mon chagrin, je t’écris,

Pour que le passé ne vienne plus pleurer dans le présent, pour que tu me traverses et partes enfin, pour que tu saches que je t’entends, que je ne me détourne plus de toi…

Je te regarde en face maintenant. Je te regarde et je vois une enfant, pliée en deux, la tête reposant sur ses jambes allongées, flasque, comme morte. Tu es si triste que tu ne pleures même plus. Ton chagrin est si intense que tu n’as presque plus la force de respirer.

Alors je pleure pour toi. Je verse toutes les larmes que ton corps sec ne peut plus verser. Je pleure de te voir si abandonnée à toi même, à moi même, à notre gouffre de désolation. Tu es toute entière concentrée sur cette plaie qui te mange le cœur et que tu retiens de tes petites mains. Une plaie aux bords enflammés et pourrissants d’où s’écoule un sang mauvais. Une plaie de malédictions. Une plaie d’injustices. Une plaie purulente de tout l’amour que j’ai fantasmé que tu as attendu et que tu n’as évidemment jamais eu. Une plaie qui absorbe avidement ton souffle moribond.

Je m’approche doucement, craignant de couper ce souffle à peine existant et je te murmure dans un soupir tout ce que j’aurais dû depuis longtemps te dire. Je t’insuffle tout l’amour que j’ai le devoir de te donner, toute la consolation que tu es en droit de me demander. Laisse-moi te déplier mon enfant éplorée. Laisse-moi recoudre cette plaie par où s’écoule mon souffle, ma vie, mes sentiments jamais satisfaits. Laisse-moi panser ce cœur inapte à être aimer et incapable d’aimer pour cause de brisure par mal amour infligée.

Viens dans mes bras, mon chagrin d’enfant rejetée, abandonnée. Ne t’agrippe plus à ce cœur qu’il me faut réparer. Il est temps de te relever. Il est temps de te transformer. Il est temps de te remettre à rire, à jouer, à aimer. C’est le temps de la joie qui remplace le chagrin. C’est le temps des cerises, de l’amour, des copains et de l’aventure. Car le temps va et viens et toi, mon enfant tu as l’âge éternel de l’amour. Tu as l’âge de l’illumination et désormais c’est toi que je veux faire briller pour toujours au fond de mes yeux.

Je suis désolée de t’avoir si longtemps délaissée.

Pardonne-moi de t’avoir abandonnée aux pleurs infinis.

Je te remercie pour tout ce que tu as supporté et assumé.

Je t’aime pour toujours, tu es mon soleil, ma force, toi ma joie retrouvée.

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Mary Blue Melville

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