Lettre à l’Être…

Lettre à ma colère

 

1        Illustration du livret La Sainte Trinité des « moi »                                           en vente sur Amazon kindle

Lettre à l’Être…

 

Je t’écris, moi que je n’aime pas.

 

Je t’écris et je pleure.

L’amour que je ne me porte pas est si grand que son absence creuse en mon cœur un trou béant sur le néant, ne laissant place à presque rien. Un presque rien que je prétends sentiment.

L’amour que je m’interdis est si prégnant que son poids pèse sur les autres, leur interdisant de m’aimer simplement. Que la jalousie délirante et sauvage qu’engendre ce manque à moi-même m’empêche de voir à quel point les autres sont autant d’alliés aussi beaux que je l’ai toujours été. Ce que bien sûr, je ne sais pas puisque je ne sais pas m’aimer.

Je ne m’aime pas. Et pourtant…

J’aime quand le vent me caresse.

J’aime quand l’aimé laisse partout ses lèvres m’embrasser la peau.

J’aime quand par un bon mot, je fais rire.

J’aime regarder la tendresse qui s’exprime.

J’aime écouter, rire, parler, danser, écrire avec, autour et pour les autres.

Est-ce à dire alors que je m’aime un peu? Que je trouve chez moi quelques belles choses?

Oui, peut-être.

D’où me vient alors ce désamour, cette haine? D’où viennent tous ces reproches, tout ce dégoût de moi-même?

Oh, j’ai bien quelques idées. Mon père, ma mère, d’autres encore ont ouvert sans vergogne car sans conscience quelques blessures dans mon cœur. Le poison du doute et de la culpabilité, le jus purulent de la peur et de la colère se sont répandus avec opiniâtreté dans mon amour-propre, c’est vrai. Dois-je pour cela et pour toujours faire payer à mon âme et aux autres cœurs, l’existence de ces plaies?

Je me tourne et me retourne. Je sais puis je ne sais plus.

J’ai su créé autour de moi un réseau d’êtres aimables m’apportant chacun leur tour leur chaleur. Pourtant, j’ai tout cassé, brisé et pour certains peut-être à jamais. Je sais faire le vide autour de moi autant que le plein. Car tout est histoire d’amour que l’on se donne, que l’on se refuse, que l’on partage et que l’on reprend. Et ce même si l’on s’en plaint sans jamais savoir vraiment pourquoi.

Aujourd’hui je pleure sur moi-même. Demain, j’en rirai sûrement. Ce qui fait la différence du désespoir ou du bonheur, c’est d’en rire avec mépris ou avec bienveillance.

Tout est là, dans cette ambivalence.

Je m’aime. Je me hais.

A quand la paix va-t-elle être signée?

A toi, mon ego blessé, mon enfant éprouvé, mon petit soldat de plomb, j’envoie un S.O.S. :

Je t’aime, enfin,  j’essaie vraiment ! Je fais de mon mieux ! Alors lâche prise, s’il te plaît!

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Mary Blue Melville

Lettre à ma colère

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