Héros-tismes 7

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Héros-tismes 7

Tisme n°7

Le gai thé…

illustration du tisme n)7 de la série Héros-tismes de Mary Blue Melville

Marc se sent pousser des ailes. Il est gai et heureux. Il va rejoindre Bruno dans son petit salon de thé que ce dernier vient d’ouvrir. Et la perspective de participer au lancement d’un nouveau lieu, d’un nouveau projet, le remplit de vie. Il sent cette vie courir partout dans son corps et son esprit. Tous ses membres frémissent de la puissante montée de sève. Il se sent pétillant, il respire à plein poumon, il ne marche pas, il vole !

Digueling gueliiing

Le tintement doux du carillon de la porte d’entrée fait à Marc l’effet d’un coup de baguette magique car celui-ci a fait lever les yeux de Bruno. Et dans ces yeux bleu de braise, directement issus de la combinaison explosive des ses origines andalouses et danoises, brille la farouche et jouissive tension de Bruno que procure le trac d’une première qui s’annonce merveilleuse. Marc la reçoit de plein fouet et là, sur le pas de la porte d’entrée, il est foudroyé.

Son cœur a éclaté et la sève qui parcourt tout son être, fait rugir l’animal tapi dans le fond de ses tripes et gonfler son bâton à plaisir. Rougissant comme un premier communiant, il rend timidement à Bruno son sourire éclatant.

Mon Dieu, se dit Marc en voyant Bruno se diriger vers lui, s’il me touche, j’explose.

– Bienvenue, Marc. Je suis vraiment heureux que tu sois venu. Je te laisse t’installer, je m’occupe de ses dames et j’arrive, lui fait Bruno avec un sourire complice en montrant une paire de vieilles dames, tout à fait dignes dont le regard inquisiteur et le sourire carnassier font déglutir Marc.

– Bien sûr, prends ton temps.

Marc choisit l’une des deux petites tables qui reste, dans un renfoncement à côté d’une fenêtre, le plus loin possible des deux douairières et regarde autour de lui. Il n’y a pas beaucoup de tables mais à part celle que Marc a délaissée, elles sont toutes occupées par des dames entre cinquante et soixante dix ans, accompagnées de petits chiens ou de sacs de luxe, voire des deux.

Il se sent soudain incongru dans cette assemblée qui papote, jappe et froufroute.

La veille quand Bruno avait lancé l’invitation à la cantonade pendant la soirée chez des amis qu’ils avaient en commun, Marc s’était tout de suite demandé avec angoisse s’il était libre. Il n’avait pas était question une minute qu’il rate cette ouverture de salon de thé.

Toute la soirée, il avait était envoûté par le sourire chaleureux et charmeur de Bruno, ils avaient assez vite sympathisé et aidé par le bon vin servit par leurs hôtes, Marc, plein d’une assurance qui lui manquait maintenant cruellement, avait fait rire et sourire Bruno. Et cette gaieté le rendait particulièrement attirant et sensuel… Ils s’étaient d’ailleurs un peu frotter, essayant de trouver régulièrement des moments pour se croiser dans des endroits étroits mais l’appartement étant fort étriqué et occupé, Marc avait dû se contenter de jouir de ses rêves particulièrement suggestifs.

A ces souvenirs, Marc sent son entre-jambe le gêner de plus en plus douloureusement et se demande s’il va pouvoir se lever sans faire craquer ses coutures.

– Qu’est-ce que je te sers, Marc ?

– Que ? Quoi ?… sursaute Marc qui, accaparé par ses pensées torrides, n’a pas vu Bruno arriver.

– Tu as déjà choisi un thé ? Parce que, sinon, je te conseille le Gyokuro, il donne la pêche ! lui fait Bruno avec un clin d’œil.

Marc de plus en plus troublé, acquiesce.

– Va pour le Djyk… ouro, enfin je veux dire le…

– Gyokuro.

– Voilà.

Marc, tout à coup, sent qu’il lui faut faire redescendre la température.

– Et… dis-moi, tes toilettes, elles se trouvent où ?… demande-t-il avec un air qu’il essaie de faire le plus innocent.

– Suis-moi, c’est juste à côté des cuisines… fait Bruno en souriant, pas dupe.

Bruno se détourne et montre à Marc son arrière-train parfaitement moulé dans son petit pantalon. Ce dernier est tellement excité qu’il pense s’évanouir s’il ne trouve pas rapidement un moyen de prendre Bruno ou de se soulager. Mais son esprit en émoi le rend maladroit, et il se lève brusquement, renverse à moitié la petite table et la bougie qui s’y trouve. Il essaie dans un réflexe idiot de la rattraper, répandant de la cire sur ses poignets tendus.

– Ouch ! Merde !

Bruno s’est précipité sur Marc pour lui prendre les poignets.

Fait pas ça, fais pas… Oh oui, fais ça… Marc défaille et, plongeant son regard dans les yeux fougueux de Bruno, il lui dit dans un murmure rauque :

– On ne pourrait pas calmer les brûlures de ma peau dans ta cuisine, c’est vraiment douloureux là…

– Bien sûr, Marc. J’ai justement ce qu’il faut pour te rafraîchir… fait Bruno le prenant par l’épaule et le poussant devant lui.

Marc qui investit tous ses sens dans ce contact, sent le tremblement fiévreux de Bruno. Alors, n’en pouvant plus et sous le regard approbateur de ces dames devant tant de sollicitation de ce jeune et charmant patron envers sa clientèle, les deux hommes dans une marche effrénée, que les frottements inévitables dus à la proximité des tables finissent d’énerver, filent dans l’arrière-cour où après s’être dénudés fébrilement, leurs mains brûlantes se caressant les fessiers et tout le reste, ils s’enfilent en rugissant sauvagement. Il était temps !

Comme quoi, on peut tenir un salon de thé pour vieilles dames distinguées et ne pas être insensible au charme d’une sauvage équipée.

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Mary Blue Melville

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