Héros-tismes 1

Héros-tismes 2.

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Héros-tismes 1

Tisme n°1

Plaisir de bouches…

L’Œil était dans La Pomme et regardait Adam.

Et, à l’aube de ce dixième jour de la venue d’Ève dans le jardin d’Eden, Adam, loin d’en être effrayé, fixe intensément la forme de cet œil ourlé de poils qui lui en rappelle une autre et qu’il observe depuis, disons, une dizaine de jours.

L’Œil qui lui rappelle constamment cette chose qui borde l’entrecuisse d’Ève et l’intrigue au point de l’obséder, cligne voluptueusement. Il se moque de moi! pense Adam en grinçant des dents. Je le vois dans son iris unique et idiot qui pétille. Tu feras moins le fier, se dit Adam rageusement quand Ève croqueras ton pauvre globe. Muet, tu es. Muet, tu resteras quand dans son ventre tu tomberas, stupide œil que tu es! Ève te digéreras et te rejetteras sans même un battement de cil. Peut-être même tomberas-tu tout cuit et stupéfié de sa fente poilue et rose et si délicatement parfumée et si…

Subitement, pressé par un vague sentiment d’urgence, il baisse la tête et regarde la chose spéciale qui vit en bas de son ventre. A ce moment, précisément, cette chose spéciale durcit et monte comme une flèche lui montrant la direction. Adam, suivant l’indication, lève les yeux et voit Ève, perchée dans l’arbre, les jambes écartées, appuyées sur deux branches, essayant d’attraper La Pomme. Une fois de plus, la fente poilue s’expose à son regard. Elle est libre, pense Adam avec envie. Elle a l’air si douce et accueillante. Le regard attendri, il regarde cette entrée mystérieuse qui semble lui sourire. Et, dans l’esprit pas encore tout à fait « instruit » d’Adam, elle parait l’appeler, exhalant un parfum suave et légèrement acidulé qui lui fait venir dans le bas ventre de drôles de sensations.

Soudain, il n’en peut plus.

– Ève ! Viens ! ordonne-t-il impatiemment, lorgnant avidement l’entrecuisse de celle-ci. Laisse tomber La Pomme.

– Pourquoi ? s’étonne Ève. J’y étais presque… fait-elle en touchant du bout du doigt La Pomme tant convoitée.

– Viens, je te dis. Et sous le coup d’une subite inspiration, Adam ajoute, il y a là un serpent qui voudrait bien te parler.

– Quoi ?!

Ève, interloquée, s’est arrêtée et, baissant les yeux, regarde Adam. Alors qu’elle passe en revue l’anatomie de ce dernier, l’étonnement dans les yeux d’Ève fait place à l’ironie. Elle descend de l’arbre, souplement et, avec la décontraction du félin, elle s’approche d’Adam.

– Un serpent dis-tu? Qui voudrait me parler?!… fait Ève, l’œil pétillant.

– Euh…. oui … répond doucement Adam, d’un air pas tout à fait innocent.

– Et que me vaut l’honneur de son attention?

– Euh… Il aimerait que tu partages avec lui une certaine connaissance… répond Adam plein d’espoir, un grand sourire aux lèvres.

– Ah oui?!… Et laquelle? fait Ève la moue légèrement moqueuse et détaillant ce serpent qu’on lui présentait.

– Et bien, je… je ne sais pas. Mais il est pressé d’échanger avec ta bouche du bas, déglutit Adam soudain décontenancé, se sentant bizarrement nu alors que jusqu’ici, il ne s’en souciait guère.

– Huuummm… Vraiment? Il me semble pourtant tout à fait dépourvu d’oreille et sa bouche à lui me parait bien minuscule. Je me demande bien comment il serait capable d’entendre ce que ma bouche sait et de répondre en retour à ses demandes… fait Ève en montrant la chose spéciale qui se redresse encore un peu plus, réclamant la caresse de ses doigts si habiles.

– Ah?! répond Adam un peu inquiet en regardant cette chose qui semble avoir une vie propre et qu’il avait nommé « serpent » sans vraiment y réfléchir.

– Enfin, bon… Ève se mouille légèrement les lèvres tout en réfléchissant.

Ce qui finit d’affoler tous les sens d’Adam qui voudrait bien commencer sérieusement à discuter et qui se tend vers Ève comme une jeune pousse vers le soleil, avide de chaleur et de lumière.

Ève, tout en soupirant, lève des yeux mélancoliques vers La Pomme qu’elle a bien l’intention de manger. J’ai envie de savoir ce qu’Elle sait. Elle renferme toute la connaissance, oui, mais la connaissance de quoi?… Peut-être que c’est important, essentiel même… Mais, vraiment, ce serpent m’intrigue, s’aperçoit-elle soudain en sentant sa grande bouche s’humidifier. Elle se tourne alors vers Adam et le regardant intensément, elle semble osciller entre la méfiance et la curiosité.

– Voyons, se décide Ève, au bout d’un moment qu’Adam trouve douloureusement long, et prenant la main de ce dernier, elle ajoute, de quel genre de conversation ce serpent peut bien vouloir m’entretenir…

Fichtre ! pense Adam un peu troublé, cracher, il sait mais parler… Pourtant, excité comme une puce et sans plus de tergiversation, son serpent turgescent le précédant, Adam se presse auprès d’Ève qui, lascivement, s’allonge et s’installe confortablement pour la discussion. Écartant les jambes, elle ouvre une grande bouche légèrement humide de laquelle dépasse une adorable petite langue qu’Adam jusqu’ici n’avait jamais remarquée et qui lui fait chavirer l’esprit.

Je peux bien faire attendre un peu ce serpent crachoteur. Cette bouche délicate fait venir l’eau à la mienne et ma langue aspire à goûter à la sienne, se dit Adam la bouche humide et excité de déguster à cette nouveauté. Il plonge alors sa tête avec délice et fougue dans l’entre-jambe d’Ève qui ne se fait pas prier et débat bientôt follement avec cette langue qui l’attire tant.

Quel con mais quel con ! s’écrie Adam au bord de l’extase, aspirant avidement le nectar qui coule doucement de la bouche offerte. La succion insatiable et délicieuse dans laquelle il met tout son cœur fait bientôt chanter Ève.

Ahahahaaaaaaaaaaa, AH!

La note est si extatique qu’elle en fait tomber La Pomme. Cette dernière roule jusqu’au couple enlacé. L’œil y étant toujours, se rince à lui-même avec bonheur à la vue des ébats débridés. Et absorbé qu’il était, il ne voit pas arriver les dents qui le croquent en même temps que La Pomme car Ève, à présent au courant du plaisir que sa grande bouche peut donner, a l’insatiable besoin d’en connaitre tout, absolument tout. Elle espère que c’est exactement ce que lui révélera La Pomme et La mange goulûment entre deux intenses cris de plaisir.

Aha Croque hah Croque AHAHA Croque, croque Aaaaaaaah! Crounch!

Adam, comme Ève, ayant ouvert les portes du plaisir s’en réjouit et laisse bientôt la main à sa partenaire qui semble soudain savoir ce qu’il faut faire de ce serpent turgescent qui vit au creux de son entre-jambe. Puis les prémices par tous les bouts exploités, ils en viennent à ce que le serpent dès le debut avait innocemment suggéré.

Forts des connaissance d’Ève croquées dans La Pomme, le serpent et la grande bouche se parlent avec tant de sincérité et de confiance qu’ils découvrent sans peine la jouissance des orgasmes répétés. Ils en explorent tant et si bien toutes les possibilités que la voix rauque d’Adam rejoint bientôt les vocalises de sa fougueuse amante. Le chant du rut alors raisonne partout dans le jardin d’Eden.

Rhhhhaaaaaaaarrggg!

Le plaisir qu’il suggère est si intense qu’il affole et fait venir l’envie à tous les êtres vivants végétaux comme animaux. Et à force de tentations créant des frustrations à tout le jardin d’Eden, Ève et son amant, bien loin d’être chassés du paradis originel, se retrouvent par la force de leur chant orgasmique, isolés. Car c’est le paradis qui dans l’impossibilité d’atteindre lui-même à tant de volupté, s’enfuit en courant, proprement désespéré.

C’est pourquoi depuis on accuse l’homme d’être un égoïste vu qu’il continue à jouir seul des plaisirs de la chair amplifiés de la connaissance divine et orgasmique. C’est un scandale, il faut bien en convenir.

Mais, chers lecteurs, quand vous penserez à l’avenir au sacrilège de La Pomme et à l’histoire du serpent tentateur, rappelez-vous que ces fantasmatiques ancêtres que vous méprisez peut-être, nous ont tous permis de vivre avec délice et créativité une activité qui sans cela nous ennuierait sûrement. Et dites-vous bien que La Pomme ne renfermait rien d’autre que la connaissance de la vie que certains dans leurs frustrations idiotes voudraient nous retirer.

Alors je lève mon stylo à Ève et Adam, ces héros de l’amour. A Ève qui accepta la conversation du plaisir et croqua dans La Pomme pour nourrir de toute la connaissance divine ses ébats amoureux et à Adam qui la suivit et le lui rendit si bien. Il serait sacrilège, vous en conviendrez, de ne pas leur rendre jusqu’à la fin et chaque fois que c’est possible un hommage vocal et jouissif. Bébés ou pas bébés à la clé.

Ce n’est pas Dieu qui s’en soucie, il me semble, et encore moins à lui de décider, je crois bien. C’est d’ailleurs sûrement pour ça, j’imagine, qu’il avait laissé La Pomme espérant sans doute qu’elle serait mangée. Ne pouvant jouir seul sans paraître discourtois, ce qui pour Dieu est impensable, Il a pris soin d’en donner à d’autres la possibilité.

A vos bouches donc, mains, serpents, grandes langues et petites langues qu’ils se mêlent entre Èves ou entre Adams ou entre Adam et Ève ne cessez jamais de les aimés, ils sont dans cette vie vos meilleurs alliés.

 Mary Blue Melville

Héros-tismes 2.

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