Ghost Munster. Chapitre neuf (part 1)

Ghost Munster. Chapitre neuf (part 2)
Ghost Munster. Chapitre huit (part 2)

Ghost Munster. Chapitre neuf (part 1)

Ghost Munster.

Chapitre neuf (part 1)

 

Des explications pleines de confusions.

 

illustration de Ghost Munster. Par Mary Blue Melville

 

           – Comment est-il possible que tu sois ici après tout ce que tu as fait ?! s’offusque Clémence.

           – On aurait dû le désintégrer ! crache Robert, dégoûté.

           – Moi aussi, je suis très content de vous revoir, fait Charlie en grimaçant un vilain sourire la tête penchée vers Janet qui lui tire sur la mèche. Ça fait toujours plaisir de revoir les amis…

           – Pas vraiment, non… grogne Robert.

           – Ça ne t’as pourtant pas gêné pour demander un coup de main, tout à l’heure, réplique Charlie, ironique. Mais à la vue du regard assassin de Robert, celui-ci rajoute précipitamment, la dernière fois, je veux dire.

           – Ouais, et bien, je ne te louperai pas la prochaine fois, crois-moi ! crache Robert.

           – Ce n’est pas le moment pour les règlements de compte, Robert, réagit vivement Clémence sans qu’on puisse savoir si elle a perçu l’échange muet entre Robert et Charlie. Il va falloir réparer et vite si on ne veut pas que les catastrophes continuent à s’enchaîner. On va déjà devoir répondre de beaucoup trop d’inadvertances devant Pierrette, décrète Clémence sur un ton péremptoire et cassant en jetant un regard oblique à Robert.

           – Ça ma petite Clémence, c’est un vœu pieu parce que je peux vous dire, mes petits cocos, que les emmerdes n’ont pas fini de se déchaîner ! Même si vos deux apprentis ont, par miracle, réussi on ne sait pas comment vu l’état de décérébration du jeune mâle à minimiser les dégâts, lui répond Charlie sur un ton plein d’ironie.

           – Ah, ne commence pas Turlututu ! s’exclame Clémence qui commence à perdre son calme.

           – Turlututu ??!! répète Billy qui n’en croit pas ses oreilles et dont les protestations lui restent soudain coincées derrière l’ébahissement. Turlututu ?! Avec la gueule que tu te trimbales, on t’a appelé Turlututu ! Je comprends mieux ton trou de mémoire ! Tur-lu-tu-tu !! Ah, ah, ah, AH, AH, AH, AH !!!! TURLUTUTU !!! AAAAAAAAHAHAHAHAHAH ! Turlutoutou, mon chienchinou ! Pffffouhou ! OOOOOHOHO !! AHAHAHAH !

           Billy se tape les cuisses de joie. Il est pris d’un tel fou rire qu’après son intervention odorante qui a épuisé son énergie aurique, il s’écroule terrassé. Mais il se lâche si fort que tout en continuant à hurler de rire, il se prend le ventre comme si des muscles le tenaient encore et le contractaient douloureusement. Et ça paraît tellement incongru dans cette pièce pleine de gens gémissant que Jeanne, pourtant devenue si pâle après l’agression de Janet qu’elle en parait transparente, ne tarde pas à s’esclaffer à son tour. Alors l’enfant qui vient de naître dans des conditions prématurées et terribles et qui est resté silencieux jusqu’ici respirant tout juste, ressent la joie et les ondes positives le chatouiller partout et rejoint soudain de son petit rire de grelot Billy et Jeanne dans l’hilarité, ce qui lui donnera pour toute sa vie une furieuse envie de rire de tout. Puis, d’abord prise de court au son de ce rire si cristallin et plein de vie alors qu’elle croyait son enfant perdu, diminué, presque mort, Ailein éclate elle aussi d’un rire magnifique et salvateur. Enfin Alasdair entre deux gémissements, Roland entrecoupé de cris de douleurs, Janet toujours accrochée à Charlie/Turlututu finissent eux aussi par être contaminés. Les hurlements de rire et de douleur résonnent dans tout le manoir ce qui ne rassure pas les convives regroupés à nouveau dans le hall et qui commencent à trouver cette nuit de noce quelque peu indécente. C’est vrai quoi, ça ne se fait pas ! Rire au milieu d’un tel malheur !

           Et parce que c’est la nature stupide des foules et qu’après autant d’émotions il faut bien se défouler, certaines personnes commencent à médire alors que d’autres que les rires venus de la cuisine attirent, hésitent à revenir sur les lieux du délire.

           Seuls, Deirdre que tout agace, le mari de Janet toujours stupéfait, Clémence et Robert qui se regardent inquiets de toute cette énergie positive qui s’accumule, ne participent pas à l’hilarité générale. Quant à Charlie, le chien des enfers perdus, vexé, grince sourdement des canines. Les minutes passent, l’hilarité dure et Charlie soupire levant les yeux au ciel, exaspéré. Mais échappant ainsi aux récriminations, il n’est pas assez bête, si on peut dire, pour la ramener. Car il sent bien que la nuit n’est pas terminée et que la charge positive qui s’accumule tout comme le bleu qu’a absorbé Janet ne vont pas tarder à donner leurs fruits.

           Seront bien épicés les fruits et bien chargés en sucs, pense férocement Charlie qui ne digère pas très bien qu’on se moque de ce nom dont on l’a affublé bien malgré lui, il y a de cela très, très longtemps. Font une belle bande de crétins à ricaner comme ça ! grogne-t-il entre ses crocs. Et parce que c’est dans sa nature d’esprit mal tourné, son agacement fait vibrer l’air sur un plan un peu plus subtil que ceux sur lesquels les vivants et les revenants se meuvent. Et le liquide bleu que Charlie appelle pour lui-même le blues Bang en référence à sa musique préférée et à la nature explosive de la chose commence à réagir à cet appel à l’explosion.

           Subrepticement, le bleu qui circule dans le crâne de Janet, se charge en énergie positive, se change en rose pâle puis en rouge éclatant et, follement, descend du cerveau vers la pompe cardiaque de Janet. Le cœur de la jeune femme gonfle anormalement soudain rempli par le liquide surnuméraire et éclate au moment où cette dernière hurle de rire en se prenant la poitrine. Ainsi Janet meurt enfin pleine de vie et de légèreté sans que personne ne s’en aperçoive, un grand sourire aux lèvres, comme une bonne blague. Elle s’en va en éclaboussant tout dans un rayon de plusieurs kilomètres d’une puissante énergie jouissive, sournoisement et furieusement magnifique. Une énergie redoutable qui brûle instantanément l’aura de la pauvre Janet. L’esprit de cette dernière disparaît à tout jamais, consumé par ce qu’elle avait appelé de toute son âme et qu’elle n’avait jamais réussit à ressentir. Une chose qui se propage en une onde puissante et indétectable au travers des auras des morts comme des vivants.

           C’est exactement à cette seconde que les ambulanciers arrivent. Et pile poil l’instant que choisissent les nouveaux apprentis effarés, les plus vieux agacés et leur guide contrarié pour apparaître, attirés comme des aimants par le flux monumental d’ondes positives.

           Alors, comme l’avait prévu Charlie et comme s’en réjoui Shark au milieu des apprentis tout juste arrivés, c’est la révolution, la chienlit, c’est le bouquet final du feu d’artifice, la cerise sur la pièce montée, bref un bordel innommable.

Ghost Munster. Chapitre neuf (part 2)
Ghost Munster. Chapitre huit (part 2)

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest