Ghost Munster. Chapitre cinq (part 1)

Ghost Munster. Chapitre cinq (part 2)
Ghost Munster. Chapitre quatre (part 4)

Ghost Munster. Chapitre cinq (part 1)

Ghost Munster.

Premières Leçons (part 1)

 

illustration du cinquième chapitre de Ghost Munster. roman de Mary Blue Melville

            – Et bien, ce n’était pas si difficile, finalement… philosophe Clémence, qui a quitté son masque froid. C’est un peu tard pour la vie mais pour la mort ça va être tout à fait appréciable, sourit-elle. Tu as été vraiment rapide !… Clémence hoche la tête avec une satisfaction tranquille qu’elle n’aurait peut-être pas en sachant que Billy a plus que réussi le test, qu’il l’a annihilé, rendu caduque, qu’il a explosé la règle imprescriptible.

– En réussissant le test aussi rapidement, tu vas pouvoir bénéficier des meilleures places pour tes premières leçons, continue Clémence avec chaleur.

            Billy qui sent le métal se retirer pour le libérer, la regarde. Il avait oublié jusqu’à son existence avec tout ça, mais maintenant qu’il a récupéré de l’espace mental, il peut l’observer plus attentivement. Et pour la première fois, Billy entrevoit l’être humain qu’elle a dû être, elle aussi.

            Il continue à la scruter tout en se libérant complètement du métal qui lui a recollé ses viscères en lui laissant une très fine marque plus claire au niveau de la ceinture. Une imperceptible impression de liberté le fait se sentir plus léger tout à coup. Avec un truc en plus, à moins que ce ne soit cette nouvelle idée… L’idée qu’il est quelqu’un de bien. C’est une étrange sensation pourtant Billy n’y prête pas vraiment attention car il est captivé par la présence de Clémence juste face à lui. Clémence qui avec douceur, comme on le ferait à son enfant, lui enlève un dernier filament qui lui colle à l’aura. Billy est étonné par la douceur de ses gestes après la poigne implacable qu’elle avait exercée sur son épaule. Alors qu’elle finit de lui enlever le casque, son regard se fait bienveillance et compassion comme si elle se souvenait de son propre passage et de la douleur qu’immanquablement on ressent lorsqu’on réussit le test. A cet instant, elle est « vivante », lui semble-t-il. Ce n’est pas une espèce d’ange froid ou de gardienne ésotérique comme il le pensait, pour le moins c’est ce qu’il en avait vaguement conclu sans vraiment se poser de question, jusqu’ici. Et il se demande soudain ce qu’a pu être son histoire et pourquoi elle est ici… avec lui… Avec lui qu’elle a choisi… Il faudra tirer ce mystère au clair, un de ces quatre, c’est sûr, se promet Billy.

            Il se sent soudain plein d’énergie, libre, léger comme il ne s’est plus senti depuis… depuis quand exactement ? Fugacement l’impression que ce n’est pas la première fois qu’il ressent cet état lui traverse l’esprit quand, abruptement, le mur du fond de la salle s’escamote et laisse voir un espace immense et… stupéfiant.

            – Ben merde alors ! s’exclame Billy en contemplant un monde qu’il reconnaît sans toutefois en être vraiment sûr. Comme un mot qu’on a toujours su mais dont la signification ne vous revient pas et qui tout à coup, vous semble exotique, lointain. Billy a l’impression qu’il lui manque quelques éléments pour comprendre ce qui lui fait face…

            Des comptoirs en vieux bois polis, au vernis craquelé et des files d’attente s’étalent à perte de vue devant Billy. Pourtant les bruits que font les panneaux d’affichage ne laissent aucun doute, c’est un aéroport. MAIS OUI, C’EST ÇA ! Ça lui revient maintenant. Seulement, celui-ci doit être long d’au moins deux kilomètres et large de plus du double, en tout cas de ce que Billy peut en voir, il semble ne jamais se finir, ce qui s’éloigne un peu du souvenir qu’il gardait d’un aéroport. C’est vrai qu’on a bien cette impression d’attente lasse des gens qui rentrent chez eux et à la fois fébrile de ceux qui partent à la découverte de nouveaux horizons mais les passagers n’ont aucun bagage et il n’y a rien pour s’asseoir. Par contre, il y a partout des guides tous vêtus de l’aube bleue directement taillée dans un bout de ciel, accompagnés d’âmes, toutes vêtues de leurs habits terrestres devenus gris. Ils attendent tous, debout, en rang d’oignons, par groupe ou en duo, plus ou moins patiemment. Certains en silence, d’autres en discutant mais l’ambiance malgré le gigantisme du hall reste feutrée. Il faut dire que l’écho en est impressionnant. Il suffit à Billy d’entendre se dérouler les lettres du panneau d’affichage qui doit bien se trouver à cent mètre de là pour le constater. Ce qui contribue à lui donner autant un air d’aéroport international que de cathédrale. Un mélange qui vous oblige à l’humilité et au respect.

           Pas ici non plus qu’on aurait envie de donner une rave partie ! se dit Billy fortement impressionné. Une chance qu’il ait vidé ses intestins juste avant d’entrer, avec la chance qu’il avait, ils auraient sûrement trouvé moyen de le signaler à tous les esprits en attente par une gracieuse mélopée.

            Soudain et simultanément de plusieurs comptoirs, des passagers s’envolent. Ils s’éclipsent, projetés à la vitesse de la lumière à travers le dôme bleu qui recouvre entièrement l’aéroport. Puis le panneau d’affichage suspendu comme par miracle au dessus de Billy et qui doit bien être haut de trente mètres et large de soixante, fait dérouler les lettres dans un vacarme d’enfer, annonçant de nouvelles destinations.

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