Ghost Munster. Chapitre deux

Ghost Munster. Chapitre deux (part 2)
Ghost Munster : chapitre 1. Suite 4

Ghost Munster.

Chapitre Deux :

Apprentissage morbide. (part 1)

illustration du chapitre deux de Ghost Munster de Mary Blue Melville

           Brutalement, une force arrête Billy dans sa course au bonheur. Une main s’est posée sur son épaule et implacablement le stoppe dans son élan.

            Billy qui ne peut plus avancer, sent une vague de désespoir l’envahir à nouveau.

– Mais enfin?! Qu’est-ce que c’est!? LAISSEZ-MOI ! MAIS LAISSEZ-MOIIIII!!!! hurle Billy qui ne s’est même pas retourné de peur de perdre de vue la Lumière et tout ce bonheur qui l’appelle. Lâchez-moi, c’est fini ! Je ne peux plus souffrir, vous ne pouvez plus me retenir, mon cœur est arrêté, mon corps est mort, je me suis suicidé, FOUTEZ-MOI LA PAIX!

Seulement Billy, comme tous les vivants, est bien mal renseigné sur les réalités de la mort, de la désincarnation et des conséquences d’une séparation survenue trop tôt. Et quand, enfin, son calvaire terminé, le corps définitivement hors d’état de lui nuire gisant au fond de la Tamise, il se préparait à entrer dans ce tunnel si accueillant de lumière et de chaleur, et que brutalement, une main fantomatique l’empêche d’y accéder, la frustration, le désappointement et le choc le ravagent. Il est comme le vieux rafiot de John dans la tempête, secoué et impuissant, prêt à se briser sur les lames du désespoir.

            A cet instant, une brume grise et sinistre apparaît autour de Billy et rampe vers lui. La main impitoyablement accrochée à son épaule l’entraîne vers les vapeurs nébuleuses, et Billy panique devinant tout à coup que le contact avec cette vapeur menaçante n’aura rien d’agréable.

– MAIS QU’EST-CE QUE VOUS FAITES ? ARRÊTEZ ! ARRÊTEZ ! LÂCHEZ-MOI ! MAIS LÂCHEZ-MOOOOOOOOOOOOOOOOI ! Billy griffe, cogne, mord la main qui le retient essayant farouchement d’échapper au brouillard rampant mais rien n’y fait, elle est bien accrochée.

            Alors que cette main le retient prisonnier comme une serre, la chaleur se retire autour de Billy et la Lumière, doucement, inexorablement, s’éloigne comme à regret.

            Billy brame à la mort, désespérant de se libérer, les bras tendus vers la chaleur qu’il appelle désespérément. Peine perdue, la main, implacablement, l’oblige à se détourner du juste bonheur, de la joie qui l’attendait, qu’il méritait tant.

            Abruptement emmené vers les nappes de brumes, Billy sent l’accablement l’écraser. Mais, tout à coup, alors que les nappes le submergent, Billy se met à hurler car la brume loin d’être froide et humide, est tranchante. Elle semble faite de millions de minuscules lames de rasoirs. Les blessures abominables causées par le nuage lui donnent l’impression d’être découpé en milliards de plaies béantes. Son aura hurle d’être ainsi déchiquetée et voudrait se fondre, se disloquer définitivement pour arrêter ce mal effroyable mais la main qui le guide est comme un aimant condamnant son esprit à se recomposer encore et encore et encore. Billy aimerait que ça s’arrête, qu’il perde conscience, que le coma lui tombe dessus, tout plutôt que cet abominable tourment.

            Mais, évidemment, les affres de l’âme sont bien différentes des afflictions du corps et nul évanouissement ne vient le soulager. Billy est parfaitement conscient de tout. Il sent que cela le marque profondément comme un tatouage en trois dimensions qui le traverse de part en part, cruellement.

            Il est déboussolé, désappointé, désespéré par cette douleur infernale. Il est épouvantablement frustré et malheureux de voir la chaleur douce du tunnel et sa paix tant désirée s’éloigner définitivement. Alors, déchiré et hurlant de douleur et de peine, des larmes fantomatiques lui montent aux yeux.

            Pourquoi tant d’injustice ?!

            Comment se fait-il qu’il souffre autant alors qu’il n’a plus de corps ? Il pensait qu’au moins ça, c’était fini !

            Où est la miséricorde qu’on promet partout dans les livres sacrés ?!

            Après tout ce qu’il a vécu, la honte, la souffrance, le désespoir, il n’a toujours pas le droit au paradis ? Au réconfort !?

            – IL FAUT EN PLUS QUE JE SOIS PUNI ! QUI PEUT ÊTRE ASSEZ ABOMINABLE POUR ME FAIRE ÇA ??!! crache-t-il de toute son âme submergée par la colère. POUR ME CONDAMNER AU !… À !… QU’IL FAUT ENCORE QUE !… QU’ON ME !… NOM DE DIEU, ARRÊTEZ ÇA !! QUI QUE VOUS SOYEZ, SOYEZ MAUDIT ! JE VOUS HAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !

            Les lames de la brume semblent entendre sa haine et comme pour répondre à sa fureur, elles le lacèrent un peu plus profondément…

            La souffrance de Billy d’incommensurable devient indicible. Et Billy, dans un mugissement effroyable, accompagne la destruction de son âme.

            –     AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH!!!!

Ghost Munster. Chapitre deux (part 2)
Ghost Munster : chapitre 1. Suite 4

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