A ma nouvelle vie d’Amour

Lettre d'amour à l'amour
Lettre ouverte. Amour perdu, pardon.

Lettre ouverte. A ma nouvelle vie d’Amour.

Amour perdu, je te retrouverai.

illustration du livret La sainte trinité des « moi »

MA NOUVELLE VIE D’AMOUR

Aujourd’hui est le dernier jour de ma vie, aujourd’hui est le premier jour de ma vie.

Aujourd’hui, je laisse tout ce qui ne va pas derrière moi, toutes mes pensées foireuses, boiteuses, poisseuses, coûteuses. Coûteuses dans le sens qu’elles me pompent toutes mes chances de vivre heureuse. J’en ai fini de cette vie de joies éphémères, piétinées, d’illusions déçues, de misère et de colères à recommencements, de chagrins et de souffrances à l’infini. Je les balaie cette longue traînée de crottes de bique et ce chapelet d’insultes sans fin ni originalité. Je me tue la migraine du mal être, du mal vivre et des chimères. C’en est fini d’être une victime et le bouc émissaire d’autres peurs, d’autres ego plein d’amertume, de rancœur et de jalousie. Je suicide cette haine de moi-même en même temps que je les bannis de ma vie. Je vomis mon dégoût de mes merveilleux et fantasques rêves bleus de volupté à l’eau de rose et les remets au firmament de mes priorités. Je tire un trait sur mes regrets de tout ce que je n’ai pas fait comme les autres le voulaient. Je me pardonne, je me libère des chaînes de la mésestime sans attendre l’absolution de ceux qui me dénoncent de leur colère mêlée de méprisable pitié. Je me lave de leur injures et des reproches que je me fait, puissent-ils en faire autant s’il cela leur sied. Qu’ils aillent vaillamment eux aussi se faire dépenaillés de leurs vieilles peaux aux quatre vents des tornades de leurs cœurs chagrins, jaloux et tristement rancuniers. Chacun son travail de nettoyage intérieur de printemps. Bon courage et bon vent. Puissions-nous être amis dans une autre vie. Une seule guerre me suffit.

Aujourd’hui, je tourne la page. Aujourd’hui, je commence ma vie à moi, celle que je n’aurais jamais dû quitter des yeux. Aujourd’hui, je vais faire la liste de tout ce que j’ai envie de faire et comment j’ai envie de les faire sans demander l’avis de personne et surtout si c’est contre l’avis des autres. Parce que personne ne peut vivre à ma place comme il est bon pour moi. J’ai envie d’être responsable des bêtises que je fais. Mes bêtises à moi ! Mes maladresses de femme incohérente pour les autres et logique pour mon cœur et mes intestins.

Car c’est très important d’être en phase avec ses intestins. C’est même vital, je peux vous le garantir ! Le cœur, celui-là, on se le brise sans même un battement cil, avec un mépris de la douleur digne des pires aspirations masochistes de samouraï du moyen-âge. Et on fait pareil avec celui des autres parce qu’on est ignorant, on croit qu’on est dans la bonne case, dans son bon droit, dans la vraie vie qu’est pas une rigolade. Et des fois, ça ne nous retombe pas dessus. Des fois, parce que le cœur est un organe généreux… Mais les intestins, eux, ils ne te pardonnent rien. Ils te les font payer, tes émotions refoulées, tes colères rentrées, tes cruautés de fasciste domestique, tes vils compromis, tes honteuses trahisons, tes amours bafoués. Et un jour que tu te retrouves à croire que t’es quelqu’un de bien d’affirmer que cet autre est une poison manipulatrice, un vrai salaud, une pauvre folle ou pire, un misogyne narcissique et sans cœur, ils te font chier sournoisement. Comme ça, devant tout le monde, soudain t’as la drisse la plus vilaine et puante du monde. Une terreur à décorner un taureau de la foire de Bilbao te mange les tripes et fait fondre tous les neurones arrogants de ton cerveau.

Et paf ! Soit tu te tapes une dépression carabinée, un truc si terrifiant que tu regrettes toutes les migraines et rages de dents du monde, soit tu te fais manger et digérer par un bon vieux crabe qui a attendu le moment idéal pour te jeter en bas de ton sale piédestal. La sale vache!

Aujourd’hui, la dépression, j’en ai soupé et le crabe je préfère le manger ou plutôt, le voir nager. Ainsi soit-il.

Aujourd’hui, j’enterre ma vie de victime dépressive. Je n’ai plus une goutte à lui consacrer. Ô joie!

Aujourd’hui, j’accouche d’une femme belle et fière, rapide comme l’éclair qui signe tout à la pointe de son cœur d’un A qui veut dire Amour à jouir de plaisir dans la joie et les rires pour toujours. Et merde, s’il vous plaît, à celui ou celle qui voudrait me faire croire que j’ai tort d’être ce que j’aspire au plus profond de moi-même. Car se renier est un blasphème. Amen!

Aujourd’hui, j’ai décidé que je ne laisserai plus une seule occasion me passer sous le nez. Que chaque jour, je ferai toutes les choses possibles et imaginables par mon cerveau débridé pour avoir une deuxième chance de vivre l’Amour, le grand, celui qui s’accommode et même se réjouit de l’humanité imparfaite de l’autre avec bienveillance, complicité, plaisir et volupté. Celui qui s’émerveille des petits riens. Celui qui voit les gouttes de joie dans son bol du matin. Je ne perds plus une seule seconde à croire que c’est autre chose qui me rendra heureuse. Car cet aimé nouveau que je sens arriver et tout l’amour que je ressens déjà pour lui, mes enfants, ma famille, le bonheur et la créativité partagés, rien n’est plus important. Je le sais car c’est la chanson que me chante chaque jour mon cœur à l’unisson de mes intestins.

Et ce n’est pas trop tôt que je l’entende. Ce n’est pas trop tôt que j’arrête d’avoir peur d’être refoulée, rejetée, abandonnée, humiliée, trahie. Ce n’est pas trop tôt parce que le pire que je risque c’est de regretter chaque jour de ma vie de n’avoir pas ouvert les yeux assez tôt, de n’avoir pas fait tout ce que je pouvais pour le rattraper cet Amour que je croyais perdu et que je laissais s’échapper.

Puisse mon aimé, le seul le vrai, le nouveau dans sa peau toute neuve, libéré de ses démons, heureux de ses élans sentimentaux, de sa folie douce, me voir comme je l’aime. M’aimer comme je le vois. Je croise les doigts et je saute de joie. Je souris. J’ai tout mon temps. J’ai toute ma nouvelle vie pour nous donner la joie de nous aimer. J’ai toute ma nouvelle vie pour que l’on s’aime comme des enfants au milieu des feux d’artifices, des fleurs sans artifices, des cœurs éblouis. Youpi!

Mon amour, mon cœur tout neuf, je te le dis, note-le quelque part, s’il te plaît, et reviens-y un jour comme si tu te promenais à l’ombre d’arbres centenaires sur les bords d’une rivière, tes pieds s’enfonçant dans des mousses claires : Je t’aime jusqu’au soleil aller retour et plus encore pour toute ma nouvelle vie infinie.

Voilà c’est dit.

 

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